Pour les enfants, il suffit de couper les clubs

MYTHE N° 11
JE VAIS COUPER CERTAINS DE MES CLUBS POUR MES ENFANTS, CELA FERA L’AFFAIRE.
Gerry McIlroy, le père de Rory, a probablement fait naître plus de fantasmes dans les têtes des pères qu’un click caché sur playboy.com.
Pour un père, qu’est-ce qui est plus fort que l’embrassade de Rory à son père après avoir gagné son premier major à l’US Open en 2011 ?
Malgré tout cela, il reste une chose que Gerry n’a cessé de répéter depuis des années et qui semble avoir été perdu dans la tourmente médiatique qui entoure son fils : “J’ai toujours veillé à ce que Rory ait des clubs adaptés”.
Je peux le formuler autrement.
Si vous voulez être certains que votre petit Rory, ou Antoine, ou Yanick, développe un swing qui n’ait absolument aucune chance de bien performer, alors coupez une de vos séries et donnez-la lui.
Ils seront trop lourds, trop rigides, les lofts et les lies ne seront pas bons, et ils ne seront, à priori, pas de la bonne longueur. A part ça ces clubs seront parfaits pour qu’il développer un swing parfait pour……couper du bois.
Est-il par contre intéressant de le faire sur un club pour voir s’il (ou elle) a vraiment envie de jouer au golf ? Oui, pourquoi pas, même si vous auriez mieux fait, malgré tout, d’aller faire un tour dans un magasin de sport ou sur ebay pour trouver un club pour enfant d’occasion.
Dès que vous entendrez, en revanche, qu’il réclame un autre seau de balle, ou qu’il se plaint car vous partez du practice trop tôt, il est grand temps de lui acheter ou lui faire faire des clubs adaptés à sa taille, sa force, et ses capacités physiques.
Depuis 2000, plusieurs marques ont fait du marché du matériel junior une véritable niche.
Ils proposent des clubs uniques ou des séries de bonne qualité, avec des lofts plus ouverts, des lies plus “flat”, des shafts plus légers, et des grips plus petits.
Leurs offres se composent typiquement de séries ou demi séries par catégorie d’âge comme “5-8 ans” ou “9-12 ans”, avec comme principale différence les longueurs des clubs, basées sur les tailles moyennes constatées de ces différents groupes d’âge.
Les seuls réels inconvénients de ces séries “standards” pour enfants sont qu’elles sont relativement chères, et qu’il est tout à fait possible que votre enfant ne fassent pas partie de ces tailles moyennes en rapport avec son âge.
Nous revenons donc à l’autre solution, d’aller voir votre clubmaker local qui est parfaitement à même de monter les clubs pour votre enfant, avec les spécifications de longueurs, de poids, etc. exactes.
Il faut faire abstraction du terme anxiogène (pour les parents) de “sur-mesure” pour les enfants. La très grande majorité des clubmakers ont des grilles de prix bien spécifiques aux juniors, et ces clubs reviennent bien souvent moins chers que les clubs “junior” standard, vendus dans les rayons des magasins.
Il faut impérativement résister à la tentation d’acheter des clubs trop longs pour vos enfants, dans le but de “prendre de l’avance” sur leur croissance.
Il arrivera un temps, en effet, ou les clubs seront à la bonne taille, mais ils auront entre temps appris et commencés à forger un swing avec des clubs inadaptés, ce qui peut causer des gros problèmes techniques difficiles à récupérer par la suite.
Un de mes employés se bat toujours contre une volonté inextinguible, semble-t-il, de “cueillir” la balle avec son driver, uniquement car son premier driver était un 8,5° raccourci.
Absolument injouable pour un enfant, bien évidement.
Si cela veut dire qu’il faut changer de série, ou en partie, (rallonger les clubs, changer les shafts), tous les ans ou tous les deux ans, ce n’est pas si grave. Vous survivrez.
Cela restera toujours moins onéreux que ces fameuses leçons de claquettes hors de prix, ou cette paire de basket à la mode (ce mois-ci…) à 100€.
Vous lui offrez quelque chose qui va littéralement conditionner en retour toute sa vie de golfeur, longtemps même après que vous soyez partis. Ce n’est pas une mince affaire.
En plus, honnêtement, c’est un tout petit prix à payer, pour avoir peut-être la chance de voir votre fils remonter le fairway du 18 le dimanche de l’Open, avec 8 coups d’avance sur la
concurrence, ou votre fille plonger dans le lac du Dinah Shore Pond au Mission Hill Major,
n’est-ce pas ?